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Les inégalités sociales de santé : Qu'est-ce que c'est ?

Dernière mise à jour 2008-04-14

La santé est plus qu’une affaire de soins curatifs

La santé a longtemps été associée au système de soins et au traitement des maladies. On sait qu'aujourd’hui la santé ne se résume pas qu'à l’accès à des services médicaux et que le système de soins n’est qu’un déterminant, parmi d’autres, de la santé des populations. Il existe, en effet, plusieurs autres déterminants de la santé qu’une seule personne ne peut combattre, notamment le statut socio-économique. Les études le prouvent : l’état de santé d’une personne dépend de sa position dans la hiérarchie sociale.


Les inégalités sociales de la santé

Les « inégalités sociales de santé » sont ces écarts, pourtant évitables, entre hommes et femmes, entre groupes socio-économiques et entre territoires, qui ont un impact sur de nombreux aspects de la santé des populations.

L’expression « gradient de santé » désigne cette association entre la position dans la hiérarchie sociale et l’état de santé. En d’autres mots, les personnes qui jouissent d’un statut social plus élevé sont en meilleure santé que ceux qui sont juste au-dessous et ainsi de suite jusqu’aux plus démunis.

Les « inégalités sociales de santé » renvoient aussi à toute relation entre la santé et l’appartenance à un groupe social. Au Canada les inégalités sociales de santé sont surtout relatives au genre, au fait d’être d’origine autochtone, et à l’éducation.


Parler d’inégalités, c’est parler de l’impact de la pauvreté sur la santé

« Mieux vaut être riche et bien portant que pauvre et malade ». Ce dicton populaire rend bien compte du lien qui existe entre la pauvreté et la santé. On sait tous, par exemple, que les personnes pauvres vivent moins longtemps que celles qui sont plus favorisées. On s’imagine aussi facilement que de ne pas manger à sa faim tous les jours et de ne pas pouvoir se loger convenablement augmentent les risques de développer des problèmes de santé physique et mentale.

Mais la pauvreté n’est pas qu’une question de privation matérielle. Être pauvre signifie aussi de devoir composer avec des opportunités moindres et surtout, de vivre avec le stress et le sentiment d’avoir peu de contrôle sur sa vie. Ce sentiment subjectif comporte aussi des effets négatifs sur la santé.


Des chiffres qui prennent la mesure de la pauvreté à Montréal

• Montréal est une ville où se concentre la pauvreté. Considérant les territoires des CLSC du Québec, 7 parmi les 10 plus pauvres sont sur l’Île de Montréal. En effet, si la population de Montréal compte pour 24% de la population de l’ensemble du Québec, les bénéficiaires de l’assistance-emploi de Montréal représentent 36% de l’ensemble des bénéficiaires du Québec.

• D’un quartier montréalais à l’autre, l’espérance de vie peut varier d’une quinzaine d’années. À titre d’exemple, les habitants des territoires du CLSC des Faubourgs, dans le sud de Montréal, vivent 10,7 années de moins, en moyenne, que ceux du CLSC Lac St-Louis, dans l’Ouest de l’Île.

• Montréal est tellement polarisée par les inégalités sociales que certains de ses quartiers riches ont une espérance de vie parmi les meilleures au monde tandis que les quartiers pauvres se comparent avec des pays comme le Brésil (68,0 années) ou le Paraguay (70,7 années).


La recherche sur les inégalités sociales de santé

Bien que le lien entre les conditions socio-économiques et la santé apparaissent évidents, il reste encore à comprendre comment s’opèrent les effets négatifs des facteurs de risque matériels, culturels, sociaux et environnementaux sur la santé.

De nombreuses questions demeurent d’ailleurs sans réponse : Comment les inégalités sociales en viennent-elles à se manifester sous forme de maladies physiques et mentales ? Quels sont les facteurs environnementaux déterminants pour l’état de santé ? Comment la perception d’une personne pauvre à propos de son statut socio-économique affecte-t-elle sa santé ?

La recherche sur les inégalités de santé est nécessaire pour étudier ces questions et pour faire connaître le problème aux décideurs.


La petite histoire...

Depuis deux siècles déjà, les inégalités de santé font l'objet de multiples recherches. Au XIXe siècle, l'expression « district en santé » était synonyme de « district de riches » et, en 1911, les statistiques anglaises révélaient une relation entre la classe sociale et la mortalité. Puis, en 1980, le rapport Black démontrait que la position d'un individu dans la structure sociale est étroitement associée à son état de santé.